Τρίτη, 21 Δεκεμβρίου 2010

BREF HISTORIQUE DU MONASTERE


Situé dans les Hautes-Alpes sur un plateau isolé, à mille mètres d’altitude environ, entouré de sommets culminant à deux mille, le Monastère a été construit par les moines eux-mêmes, avec l’aide efficace de leurs nombreux amis, sur les ruines d’un ancien hameau. “Notre-Dame du Beauchaine”, datant de 1183. Ce hameau était, jusqu’à la Révolution, une ferme de la chartreuse aujourd’hui en ruines de Durbon, au flanc d’un sommet avoisinant que les anciens appelaient le “Durbonas”. Dès ses origines, ce “lieu-dit” était enraciné dans une tradition religieuse vivante et de surcroît monastique qui, comme un levain sous-terrain, fécondait insensiblement l’endroit et dont les futurs moines de la Dormition ne pouvaient soupçonner la portée.
Au début du siècle dernier, le hameau de Notre-Dame et celui du Villard, deux kilomètres plus loin, comptaient à eux deux, à peu de chose près, une centaine d’habitants. Mais autour des années 1970, on ne pouvait découvrir le lieu que ruiné, au sens fort du terme, avec quelques irréductibles autochtones ayant résisté à la forte tentation du chemin de fer et à l’attrait des villes dans l’entre deux guerres.

Le plateau de Notre-Dame offre toutefois un lieu parmi les plus propices. A la fois assez écarté de toute agglomération la plus grande ville, Gap, se trouvant à une quarantaine de kilomètres de là, tout en étant sur l’axe routier principal qui va de Sisteron à Grenoble, l’emplacement permet cet équilibre entre la retraite, cet “éloignement du monde” essentiel à toute démarche monastique authentique, et ce service pastoral que la situation de l’Eglise Orthodoxe en France nécessite. Les lieux de culte étant peu nombreux dans le midi alpin, il semble indispensable de nos jours, avec discernement bien sûr, d’ouvrir le monastère, ou tout du moins sa liturgie eucharistique, à cette disponibilité qui somme toute perpétue volontiers son intention initiale.
C’est ici que prit naissance, laborieusement au départ, la communauté de Notre-Dame. Beaucoup de choses étaient offertes, mais tout était à faire, comme un grand et beau champ en friche où trop de pierres étouffent la richesse de la terre.
De même que l’harmonie d’une mélodie ne peut s’apprécier que dans une écoute d’ensemble, et non dans le détail de ses notes ou de ses rythmes, même subtils, de même semblait-il d’abord important de présenter de manière globale le monastère tel qu’il est aujourd’hui, avant de décrire quelques-unes des étapes de sa genèse.
Présentation générale
Un ensemble central de bâtiments comprend la plupart des parties communes de la vie monastique proprement dite : une chapelle, dédiée à saint Martin de Tours, que l’on utilise l’hiver, en raison du climat, lorsque le froid et la neige rendent difficiles l’accès à l’église principale, un petit oratoire intra muros dédié à saint Nicolas et qui sert de sacristie, un synodikon ou salle capitulaire, un atelier d’iconographie, le réfectoire et sa cuisine, une dizaine de cellules de moines, une grande salle d’agapes et d’accueil pour les hôtes, des sanitaires et la porterie.
Au nord, un autre bâtiment dispose aussi d’une dizaine de cellules monastiques, de sanitaires, d’une salle de couture, d’une tisanerie. Il est relié, par un porche, à des ateliers de travail, de menuiserie, de ferronnerie, et à un bâtiment servant de poulailler et de dépendance agricole qui dessine un angle droit avec le précédent. Tout ceci forme une cour intérieure, un cloître tout à fait propice au recueillement. Construit de pierres apparentes et jointées d’ocre, ce complexe de bâtiments s’harmonise sans difficultés avec le paysage, ainsi que nombre d’entre les visiteurs l’ont souvent fait remarquer.
A une centaine de mètres, au nord-ouest de cet ensemble, se trouvent l’église principale, dédiée à la Dormition de la Mère de Dieu, et, le cimetière, où tous les moines attendront patiemment, en terre, la venue du Christ à la Résurrection finale. Plus au sud enfin, une construction qui pourrait devenir une hôtellerie plus vaste, si le besoin s’en faisait sentir.
Le monastère possède aussi des terres. Le domaine, très morcelé, d’une quarantaine d’hectares de bois, de landes et de terres labourables est dispersé sur un rayon de deux kilomètres. Terres arides et peu productives, mais suffisantes pour protéger l’isolement nécessaire à la vie du monastère.
Etats des lieux, à l’arrivée du P. Victor en 1970…
Les débuts
Tout cela, bien sûr, ne s’est pas fait en un jour. C’est de 1970 à 1972 que s’installait, dans ces ruines, un jeune orthodoxe de 33 ans, professeur de philosophie, le futur père Victor, pour y créer, avec l’aide et le soutien de l’Archimandrite Stéphane, l’actuel Métropolite d’Estonie, un lieu de rencontre, d’approfondissement de foi et de célébration.
Ce fut d’abord une organisation précaire de quelques pièces dans le plus ancien des bâtiments. Très précaire d’ailleurs, puisqu’en 1971 le père Cyrille célébrera la première liturgie dans ce qui sera l’actuelle salle du chapitre. Puis, ce fut la construction de la grande chapelle, à partir d’une ancienne bergerie en ruines, que le père Pierre inaugurera pour la Dormition de la Mère de Dieu, en 1972. Premiers travaux réalisés avec peu de moyens et parfois peu de compétences, mais avec enthousiasme et beaucoup d’amour.
Epoque riche, cependant, de bouillonnement spirituel et de créativité, mais parfois quelque peu anarchique : il fallait faire des choix.
La création
Un pèlerinage à Jérusalem, pour la Noël 1974, et la providentielle rencontre de l’Archimandrite Benoît, au monastère saint Nicolas de la Dalmerie, orientèrent définitivement le fondateur vers la vie monastique. Recevant le soutien inconditionnel du père abbé Benoît et l’aide efficace et généreuse de fArchimandrite Stéphane, l’œuvre de Notre-Dame prenait un nouvel essor.
Ressentant donc la nécessité d’une restructuration plus ecclésiale, le Métropolite Mélétios, lors de sa venue en ces lieux, le 26 Novembre 1976, donna sa bénédiction pour que, d’une part, se constitue une association cultuelle et pour que, d’autre part, soit confié en son nom, et pour la Métropole, à l’Archimandrite Benoît, la formation monastique du fondateur. Celui-ci fut reçu comme novice, puis comme moine en 1978, sous le nom de Victor. Après son ordination sacerdotale, le 20 Septembre 1981, Monseigneur Mélétios lui accorda sa bénédiction pour qu’il puisse recevoir des novices.
C’est de cette deuxième période, qui se clôt par l’inauguration de la chapelle saint Martin, le 11 Novembre 1986 et la consécration de l’église, par Monseigneur Stéphane, le 12 Mai 1988, entouré des principaux higoumènes des monastères de France, que date la plupart des gros travaux. Travaux qui seront diligemment menés à bien et avec compétence, sous la direction du père Démètre qui se dévouera corps et âme à la construction de cette œuvre.
Les ruines qui ont servies à la construction de la chapelle, en 1971
L’enracinement
Une troisième étape verra le jour quand le Métropolite Jérémie, avec une bienveillante sollicitude, procédera à l’intronisation solennelle du père Victor comme Archimandrite et higoumène du monastère. Cette nouvelle étape est celle de l’enracinement dans la vie monastique, au prix d’expériences purificatrices qui ne se firent pas sans souffrance, mais apportèrent aussi beaucoup de joie et de créativité.
Deux préoccupations principales s’imposaient à cette époque : la mise en place d’une communauté solide et bien ancrée dans la vie spirituelle et la poursuite d’une forme d’apostolat vécu dès le début; deux préoccupations dont l’accord n’est pas toujours évident.
Relativement nombreux sont aujourd’hui ceux qui sont tentés pour expérimenter la vie monastique, mais bien peu résistent à l’usure du temps et les inévitables perturbations causées par le travail apostolique ne facilitent souvent pas les choses, il est vrai. Pour y faire face, une première tentative fut de séparer l’accueil, de la vie des moines. Un centre culturel vit ainsi le jour dans un village voisin, saint Pierre d’Argençon. Tentative qui rayonnera un temps, mais devra être abandonnée par suite de la surcharge de travail que cela requérait pour une modeste communauté. L’ouverture ensuite du métochion saint Cassien, à Manosque, s’averra plus propice. Ce lieu de culte permettra de regrouper toutes les activités plus pastorales et familiales, tout en préservant cette richesse de l’esprit monastique.
Et maintenant…
“Il y a un temps pour tout”. Nous avons tenté de synthétiser l’histoire de notre communauté en trois grandes périodes. Aujourd’hui, et sans qu’aucun événement marquant puisse en signaler la césure, on a le sentiment d’entrer dans une nouvelle étape où le discernement entre l’ivraie et le bon grain, l’essentiel et l’accessoire, le durable et l’éphémère, enfin entre ce qui vient d’une volonté propre, si bonne soit-elle, et ce qui découle de la volonté de Dieu nous devient plus transparent. De quoi demain sera-t-il fait ? Nul ne le sait, Dieu seul le sait. Que Sa volonté soit faite. Mais n’est-ce pas la raison même de l’existence monastique que de s’abandonner sans réserves à la volonté de Dieu ?
La chapelle à l’heure actuelle
EN SOUVENIR ANNIVERSAIRE DE LA BENEDICTION ABBATIALE
Le 19 Décembre 1991, le père Victor recevait la bénédiction solennelle d’higoumène, marquant ainsi une nouvelle et importante étape dans le développement du monastère. Pour commémorer cet heureux événement, nous reproduisons ici l’admonition de notre Métropolite, Mgr Jérémie, et la réponse de notre père higoumène.
Cher Père Victor,
A partir d’aujourd’hui, vous serez nommé le premier “higoumène”, celui qui préside et celui qui conduit toute action dans ce monastère, mais surtout celui qui doit continuer à être le serviteur, celui qui doit continuer à être le père spirituel qui garde son troupeau, qui guide son troupeau dans ce monastère, mais qui en même temps sera comme s’il était à leur service pour accomplir leurs désirs, le désir spirituel, ce désir qui sauve toute âme qui approche du Seigneur, qui entre dans l’Eglise.
Vous avez une mission certes très difficile et dure, mais en même temps tellement haute, tellement précieuse, tellement nécessaire pour vous-même, pour votre entourage et pour le peuple de Dieu.
Voilà donc avec ma bénédiction spirituelle, ma bénédiction paternelle, accompagnée par la bénédiction de notre patriarche et aidé en même temps par les prières et l’assistance de son excellence Monseigneur Stéphane qui est à vos côtés, qui vous seconde à toute entreprise spirituelle et qui vous guide, entouré aujourd’hui exceptionnellement par des frères et des sœurs qui ont la même tâche, qui créent la grande famille monastique, dans ce pays de la France.
Voilà donc dans quel contexte, dans quelles conditions, vous recevez aujourd’hui une confirmation de notre Eglise, pour votre dévouement, pour votre foi et pour votre service envers Elle.
Lors de la consécration : de gauche à droite : P. Benoît, en partie caché P. Placide, Mgr Stephanos actuel Métropolite d’Estonie, P. Victor ; en arrière-plan P. Nectaire et P. Démètre, les principaux moteurs de la fondation.
Eminence,
C’est avec beaucoup d’émotion et de crainte que je viens vous remercier et par vous notre Patriarche Bartholomée 1er, de l’insigne honneur qu’il me fait. C’est avec beaucoup d’émotion et de crainte, car j’ai conscience de la charge qui m’incombe et j’ai conscience de mon indignité. Quand mon regard se porte sur les innombrables et saints higoumènes qui ont dirigé les monastères de notre sainte Eglise, je suis saisi de crainte en voyant mon infirmité. Mais c’est aussi avec une joie immense que je vous remercie et, par vous, notre Patriarche, car cette dignité va par moi à ce monastère et à tous ceux qui y ont donné leur jeunesse, leur travail, leur souci. Et mes souvenirs vont en ce moment tout particulièrement à Monseigneur Mélétios votre prédécesseur, à vous-même qui avec beaucoup de conscience en avez pris la succession, à Monseigneur Stéphane qui depuis des années nous suit avec beaucoup de courage, au père Archimandrite Benoît, higoumène de la Dalmerie, qui nous a toujours soutenu et enfin à tous ceux de ce monastère, tous ces frères qui peinent, qui travaillent, aussi à tous les amis, à tous les paroissiens, aux gens de ce pays, à un nombre important de mes anciens élèves qui sont venus dans ces ruines, tous ensemble, mettre pierre sur pierre. Et en cela je me réjouis de cette dignité qui va sur eux et dont ils sont plus dignes que moi. Et j’ajouterai simplement deux promesses avec la Grâce de Dieu.
Pensant à l’abbé Sisoës, ce père du désert, lorsqu’on venait lui dire : “Est-ce toi l’abbé Sisoës qui est méchant, violent, hypocrite ?”, il disait: “oui, c’est moi” ;”est-ce toi l’abbé Sisoës qui est pervers, voleur, etc. ?”, il disait: “oui, c’est moi” ; “est-ce toi (abbé Sisoës qui est hérétique”, alors il se mettait en colère: “Ah non !”. Et quand on lui disait: “pourquoi quand on t’accabble de toutes sortes de défauts tu ne dis rien, et quand on t’accuse d’être hérétique tu te mets en colère ?” Et l’abbé Sisoës de répondre : “tous ces défauts, je suis le premier à me les reprocher, tandis que si j’étais hérétique, je serai séparé de Dieu”. Bien plus que l’abbé Sisoës, tout ce que l’on peut me reprocher, je suis le premier à me le reprocher, mais avec la grâce de Dieu je reste sincère et fidèle à cette foi orthodoxe et avec Son aide, je promets à notre Eglise, à vous, de rester toujours le fidèle dispensateur de cette parole, de cette foi orthodoxe dont notre France a tant besoin.
Et j’ajouterai aussi ceci, au nom de notre communauté. Nous savons qu’avec le monastère saint Nicolas de la Dalmerie, nous sommes les deux monastères de France à être directement rattachés à notre Patriarcat Œcuménique, sous son omophore, et cela sans aucun intermédiaire de quelque nature que ce soit. Cela, Eminence, est pour nous un très grand honneur.
Mais cela aussi est une charge dont nous avons conscience car à l’image de notre Patriarcat qui est le Patriarcat Œcuménique, c’est-à-dire celui qui, sans hégémonie, rassemble en l’unité et dans le respect de leur diversité toutes nos Eglises orthodoxes.
Et très humblement, à notre place, nous savons aussi que notre monastère se doit d’être disponible à ce rassemblement, à cette rencontre de tous ceux et de toutes celles qui confessent la foi orthodoxe.
Aussi, Eminence, en vous remerciant, en remerciant par vote intermédiaire, sa sainteté le patriarche Bartholomée, en vous remerciant tous, je demande que vous priez pour moi, vous et tous afin que je ne sois pas trop indigne de cette charge que vous m’avez confiée.
www.monasterelafaurie.org
Source: 24grammata.com

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