Δευτέρα, 21 Δεκεμβρίου 2009

Projet d'une langue universelle de André-Marie Ampère

Projet d'une langue universelle
André-Marie AMPERE
Projet d'une langue universelle
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Divers auteurs ont parlé des avantages qui résulteraient de l'exécution d'un pareil projet,
quelques uns en ont même donné un léger essai, mais on n'a jamais rien fait de bien satisfaisant sur ce sujet ; je n'espère pas de mieux réussir, mais voici toujours mes idées.
Je crois que le meilleur moyen de rassembler dans la langue que je vais proposer des avantages
capables de la rendre préférable à toutes celles que nous connaissons, est, après le choix des mots les plus harmonieux, celui d'un assez grand nombre de variations dans la [terminaison] qui puisse servir à tirer d'un petit nombre de mots fondamentaux, et toujours de la même manière, tous les adjectifs, verbes et adverbes, dont on peut avoir besoin, en sorte qu'on puisse former facilement non seulement tous ceux qu'admettent nos langues, mais encore tous ceux qui y manquent, ce qui ne
peut manquer de rendre ma langue aussi riche et aussi abondante que facile.
Le désir de la simplifier m'a d'abord fait rejeter l'article, dont l'exemple du latin montre assez
qu'on peut se passer, d'autant mieux que j'ai suppléé d'une autre manière à la fonction la plus utile
dont il est chargé dans nos langues, comme on le verra par la suite.
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Le substantif est donc la première partie d'oraison dont j'aie à traiter, et c'est en même temps
celle sur qui [sic] j'ai fondé tout le reste de ma syntaxe.
J'ai choisi i pour la seule voyelle dont il puisse être terminé au nominatif singulier, qui peut
d'ailleurs l'être par toute sorte de consonnes, en sorte qu'on ne doit employer cet i que quand la
dernière consonne formerait une terminaison barbare, quoiqu'il soit toujours regardé comme la
terminaison naturelle de ce cas.
J'ai choisi n pour la marque du pluriel, afin d'en pouvoir conserver la marque dans les adjectifs
et les verbes qui se termineraient sans cela en -as, -es, -os, -is, -it, en y substitant -ans, -ens, -ons,
-ins, -int. Pour les substantifs on se contentera d'ajouter cette lettre à chacun des cas du singulier,
après avoir supléé i si cette lettre manquait au nominatif singulier, ex. eric, le bois ; ericin, les bois.
Je viens de parler de cas, il s'agit d'expliquer la nature de ceux que j'ai admis dans ma langue, et
faire attention d'abord qu'il y en a deux espèces bien différentes, les uns servant à particulariser le
sujet et les autres l'attribut de la phrase, qui consiste toujours en trois termes principaux : le sujet,
l'attribut, et la marque de l'affirmation ou le verbe je suis, qui les joint, et en autant de termes
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subalternes qu'il y a de particularités du sujet et de l'attribut, pour en circonscrire l'idée dans les
bornes nécessaires ; par ex. dans cette phrase : l'ambassadeur de France voyage à cheval,
l'ambassadeur est le sujet dont l'idée est particularisée à un certain ambassadeur par ces mots : de
France, où France est à un des cas que nous avons dit se rapporter au sujet, et comme on doit
tourner la phrase ainsi, l'ambassadeur est voyageant, l'attribut voyageant est particularisé par ces
mots : à cheval, où cheval est à un des cas qui conviennent à l'attribut.
J'ai trouvé ensuite trois cas de chacune de ces deux espèces, suivant qu'ils expriment l'origine, le
but, ou la manière d'être, c'est-à-dire en général toutes les qualités coexistantes de la chose qu'ils
particularisent.
J'ai choisi les voyelles o, a, e, pour exprimer les trois cas qui se rapportent aux verbes ou aux
attributs, soit en les substituant à i quand le nominatif est terminé par cette lettre, soit en les ajoutant
à la fin des mots terminés par des consonnes sans y rien changer, soit en en changeant la dernière
lettre pour l'agrément de la prononciation, en déclinant à l'exemple des Grecs et des Latins : phyllis,
phyllido, phyllida, phyllide.
O est pour le cas qui marque l'origine de l'attribut ou de l'action, ainsi dans cette
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phrase : je suis sorti du bois, le bois étant l'origine de l'attribut sorti, on dira erico.
A est pour en exprimer le but, comme dans cette phrase : je vais au bois, où l'on doit se servir de
erica. Ce cas est celui qui suit ordinairement les verbes, et pour connaître le mot qui doit y être mis,
il faut le tourner par je fais ou je porte à : le mot qui vient après cet à, est toujours le but de l'action,
ex. je fais chemin à Lyon pour je vais à Lyon, je fais don de ce livre à Pierre, pour je donne ce livre
à Pierre, où Pierre est le seul but de l'action, je porte amour au vin, pour j'aime le vin, etc. En
général quand un verbe n'est suivi dans nos langues que d'un accusatif, ou que d'un datif, c'est là le
but de l'action, mais quand ils s'y trouvent tous deux c'est le datif qui est le vrai but, et l'accusatif
n'exprime qu'une condition particulière ou manière d'être comme dans l'exemple que je viens de
donner : je donne ce livre à Pierre, ce sert à ce dernier usage, ainsi dans cette phrase : je me
promène dans le bois, dans le bois exprime la manière d'être de la promenade, et l'on doit dire erice.
C'est le même cas qui se trouve dans ces phrases : je donne ou je fais don de ce livre, ils parlent
d'histoire, frapper avec un bâton, acheté six francs, il est mort à huit heures, etc.
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Ce cas supplée en outre à tous nos adverbes, car qu'est-ce que battre vigoureusement, écrire
agréablement, si ce n'est se battre avec vigueur, écrire avec agrément, etc. On peut dire que c'est
proprement ce cas qui existe en français et se termine en -ment.
J'ai déjà dit que ces trois cas font au pluriel ericon, erican, ericen. Pour les cas qui se rapportent
au sujet, je me suis déterminé à en faire des adjectifs, ce qui m'a fourni aussitôt tous les adjectifs de
nos langues, et une infinité d'autres qui ne peuvent manquer de rendre ma langue une des plus
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riches en épithètes.
J'ajoute un s aux cas attributifs correspondants pour en former ces adjectifs, et je les décline en
changeant ce s en d, pour l'agrément de la prononciation, ainsi ericos qui signifiera de bois, se
déclinera de cette manière : ericodo, ericoda, ericode, ericodin, [ericodon], ericodan, ericoden. Il
ne faut pas confondre ericodin, ceux qui sont d'un seul bois, avec ericons, ericondo, adjectif qui
vient du cas pluriel ericon, et signifie celui qui est des bois, comme qui dirait en latin sylvestris.
L'adjectif en -os sert à exprimer toute sorte d'origine des substantifs, que nous indiquons en
français par de, et en latin par le génitif ou la [préposition] ex ; il rend aussi tous nos adjectifs
d'origine : français, anglais, allemand, marin, terrestre, etc. Nous en avons peu, mais les Latins en
avaient beaucoup : sylvestris, aureus,
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ethereus, etc. Ils en formaient même des noms propres pour suppléer à leurs génitifs : pompeiana
castra, cruces cesarese ; c'est l'adjectif anglais en -en : earthen, de terre.
L'adjectif en -as rend quelques uns de nos adjectifs en -ble, et tous les latins en -dus, qui servent
à marquer le but auquel est propre quelque chose, comme labourable, arandus. Mais il exprime en
outre une foule d'idées que nous rendons bien différemment, comme mon amitié envers vous, où
envers vous devient un adjectif qu'on fait accorder avec amitié, on évite ainsi par là l'équivoque qu'il
y a en français dans ces mots : l'amour de Dieu, qui [signifient] également l'amour pour Dieu, et
celui qui vient de Dieu. Il est clair que si Dieu se dit antès, on se servira de l'adjectif antestas dans
cette phrase : l'amour de Dieu est nécessaire au salut, et de l'adjectif antestos dans celle-ci :
l'amour de Dieu pour les hommes l'a porté à mourir pour eux.
L'adjectif en -es est celui qui sert à rendre un plus grand nombre des nôtres. Erices signifie par
ex. à forêt ou qui a une forêt, en parlant d'une campagne, et presque tous nos adjectifs se forment de
même : homme bon n'est autre chose que homme à bonté, méchant, qu'à méchanceté, habit rouge
que habit à rougeur, chien fidèle que chien à fidélité, etc. Il en est de même des adjectifs que nous
prenons d'ordinaire substantivement : maître ne signifie qu'homme à autorité, ami, à amitié, etc.
Ces adjectifs destinés dans ma langue à servir d'attributs et à se joindre au verbe
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je suis, comme on verra bientôt, ne peuvent jamais servir de sujet comme dans cette phrase : ce
méchant m'a trompé, à moins qu'on n'en ait formé un substantif de la manière que nous le dirons
[sic] bientôt, et de même un substantif ne doit jamais servir d'attribut, et est incapable de se joindre
avec le verbe je suis, en sorte que pour dire je suis homme, on ne doit point se servir de antereus :
homme, mais de anteres qui est un adjectif qui signifie à la fois homme et femme, comme on verra
par la suite.
Ces adjectifs n'ont que trois cas, car il n'y aurait [rien] de plus absurde que de former des
adjectifs entassés les uns sur les autres, ce qui peut faire une difficulté qu'il est bon d'éclaircir quand
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un mot français suivi d'un adjectif se doit tourner en adjectif, car alors l'adjectif qui s'accordait
d'abord avec lui devient un adverbe, c'est-à-dire un des trois premiers cas que j'ai appelé attributifs ;
ainsi un arbre à feuilles devant se tourner par un arbre feuillé, on ne saurait dire un arbre à feuilles
rondes, sans faire un adverbe de rondes, et dire un arbre feuillé rondement, à moins qu'on ne fasse,
ce qui est très commun dans ma langue, un seul adjectif de ces deux mots, comme en latin :
rotusdifolius, ce qui se fait en joignant l'adjectif rond devant le mot feuille après en avoir ôté l's final
quand il commence par une consonne qui formerait avec ce s une articulation trop dure.
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En suivant l'une ou l'autre de ces deux règles, on formera le plus souvent des phrases si
éloignées du tour français qu'elles paraîtront extrêmement bizarres au premier coup d'oeil, mais on
ne doit pas s'attacher à cette différence de nos tournures et de celles que je propose, puisqu'il n'y a
aucune langue dont tous les tours puissent se rendre en français.
Ces adjectifs perpétuellement suivis de datifs, d'accusatifs, et d'ablatifs, formeront précisément
ce qu'on appelle en latin des hellénismes, aussi fréquents dans ma langue qu'ils peuvent l'être dans
la grecque d'où les Romains les avaient tirés.
Je n'ai point admis dans mes adjectifs de distinction de genres, qui n'y auraient produit qu'une
complication inutile. Pour les substantifs qui expriment des choses inanimées, il est encore plus
inutile d'y admettre aucune différence de cette espèce, mais il faut nécessairement avoir des
substantifs différents pour exprimer des choses réellement de genre différent, comme homme et
femme, et il est à propos d'établir entre leurs terminaisons une différence uniforme. Il faut d'abord
observer que ces mots peuvent être considérés comme des adjectifs venant du substantif abstrait
humanité, pris dans le sens qu'il a dans cette phrase : les misères de l'humanité ; en sorte que si nous
l'exprimons par anter, anteres, anteredo sera un adjectif qui signifie à la fois homme et femme, et en
y joignant us, usto, mâle, ou is, ista, femelle, on aura des mots composés qui rempliront le but de la
recherche qui nous occupe à présent, ce seront antereus, antereusto, un homme, et antereis,
antereista,
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une femme, où j'ai changé s en st et non pas en d comme dans les adjectifs, pour éviter la
cacophonie qui en serait résultée dans les cas des adjectifs qui en dépendent.
Les mêmes mots us et is substitués à l's final de tous les adjectifs, donnent des substantifs qui
signifient proprement homme bon, femme bonne, etc. dont on doit se servir comme nous avons dit
quand l'adjectif sert de sujet, en sorte que cet us ou is nous fournit le même secours que nous tirons
de l'article français pour substantiver les adjectifs, mais il faut bien observer qu'on ne doit se servir
de ces substantifs que quand ils sont réellement le nominatif de la phrase, et que, quand ils ne
doivent y entrer que comme attributs, il faut toujours les laisser sous la forme d'adjectif. Ainsi de
potesti, puissance, autorité, on tire d'abord l'adjectif potestes, potestedo, maître, et ensuite les
substantifs potesteus, le maître, et potesteis, la maîtresse, qui serviront dans les phrases dont ces
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mots seront les sujets, mais si on veut dire qu'une femme est maîtresse de quelque chose on se
servira de potestes.
On s'étonnera peut-être de la différence des genres que j'admets dans le premier cas et que je
rejette dans le second, mais il est aisé de s'apercevoir combien elle est nécessaire dans l'un, où
l'adjectif, devenu substantif et sujet de la phrase, ne se rapporte à aucun autre mot qui en détermine
le sens, en sorte qu'on ne peut s'empêcher de confondre autrement le maître et la
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maîtresse, le laquais et la servante, le roi et la reine, etc., et combien elle est inutile dans le second
où le mot de maître étant un simple attribut d'un autre mot de la phrase, dont le sexe est déterminé
par la terminaison, il n'y a aucune sorte d'équivoque à craindre en disant cette femme est maître de
faire ce qu'elle veut.
Nous venons de voir que dans ces phrases : je suis roi ou reine, il faut également se servir de
l'adjectif rejes, à royaume, mais dans celle-ci : le roi a dit à la reine, il faut se servir des deux
substantifs rejus et rejida, dont le dernier est au 2d cas parce que la reine est le but de l'action.
Les mêmes mots us et is peuvent se joindre aux noms des végétaux de deux sexes, ainsi si
canabs, canabo signifie du chanvre en général, canabus et canabis pourront signifier du chanvre
mâle et femelle.
Après avoir expliqué en détail les règles des substantifs et des adjectifs, je n'ai rien à dire des
pronoms qui se déclinent de même : mi, moi a ses trois cas mo, ma, me, et son pluriel min, mon,
man, men, nous. On en tire également des adjectifs comme mos, modo : de moi, mon ou mien,
mons, mondo : de nous, ou nôtre, et de même des autres.
J'oubliais de dire que les adjectifs dont on veut faire des substantifs sans leur donner aucun
genre n'exigent pour cela que d'en marquer la dernière syllabe d'un accent qui la rend longue, de
brève qu'elle était, et qui se décline en changeant s en st, à la manière des substantifs, par ex. si ans
signifie divinité, antes, antedo, signifiera divin, et antès, antesto,
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dieu.
Voyons maintenant la manière de former des verbes dans ma langue, et observons d'abord qu'il
y avait autant de raisons d'en établir pour exprimer l'affirmation d'un simple attribut sans action, qui
[que] pour celle d'un attribut qui eut rapport à quelqu'action active ou passive. J'avoue que la plupart
des langues n'ont admis de verbes que pour exprimer l'affirmation de cette dernière sorte d'attribut,
mais, cela ne me paraissant fondé sur aucune bonne raison, je crois que de même qu'on a fait en
français un mot pour exprimer plus brièvement le sens des deux mots je suis aimant, rien
n'empêcherait d'en faire un pour exprimer de même je suis aimé et je suis bon ou méchant, comme
on a fait en effet pour le premier en grec et en latin. On aurait pu aussi se borner au seul verbe je
suis joint à tous les participes et adjectifs. J'ai pensé que pour réunir l'élégance et les agréments de la
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première manière d'exprimer l'affirmation, à la simplicité et à la facilité de la seconde, je me suis
déterminé à fondre les mots mi, il était, ri, il est, et li, il sera, et au pluriel min, rin, lin, dans les
adjectifs de la manière que je vais expliquer, et de former par là des mots qui renfermeront l'idée de
l'affirmation, de l'attribut, et du temps, mais non pas celle des personnes qui auraient mis trop de
complication dans ma conjugaison et qu'on peut s'y aisément suppléer en exprimant le pronom, et
disant tout simplement moi aime, toi aime, lui aime etc.
Dans les adjectifs terminés en -as, -es, -os, les syllabes mi, ri, li, min, rin, lin, se placent
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immédiatement avant l's final, comme si eros, eroto signifie amour, et par conséquent erotos voudra
dire d'amour, plein d'amour, ou si l'on veut amoureux, et par conséquent erotoris signifiera il est
amoureux, erotorins ils sont amoureux, erotormis j'étais amoureux, etc. Mais dans les adjectifs
terminés en -ans, -ens, -ons, on conserve l'n, en [le] plaçant immédiatement après m, r, l, au milieu
de ces syllabes, comme si de l'adjectif erotons, on formait les mots erotomnis, erotornis, erotolnis,
et au pluriel erotomnins, erotornins, erotolnins.
Ces temps sont ceux du mode positif qu'on appelle ordinairement indicatif. Il y a en outre dans
ma langue un mode conditionnel et optatif, qui répond à notre je serais, et j'aurais été, mais qui a un
futur qui nous manque : on n'a pour le former qu'à changer l's final du positif en t, erotorit,
erotorint, etc. Pour le subjonctif dont je crois qu'on peut se passer, j'expliquerai bientôt la manière
dont il faut le rendre.
En retranchant le même s on trouve des mots terminés en -i, qui ne sont point susceptibles de
pluriel, ce sont là les infinitifs qui se déclinent comme les noms, erotomi, avoir aimé, erotori aimer,
erotoli devoir aimer.
On ne doit se servir de cette terminaison en -i que quand l'infinitif est au nominatif comme dans
ces phrases : c'est souvent un grand supplice d'aimer trop ardemment, il est bien doux d'avoir
toujours suivi son
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devoir, qu'on doit tourner ainsi : aimer trop ardemment est souvent un grand supplice, avoir
toujours suivi son devoir est bien doux.
On se servira de la terminaison en -o quand l'infinitif indique l'origine comme dans cette
phrase : je viens de courrir, de la terminaison en -a, dans celle-ci : je veux lire, et de la terminaison
en -e dans celle-ci : ils n'ont parlé que de boire et de manger.
Cette dernière terminaison rend encore notre en lisant, en donnant, car dans cette phrase :
passer son temps en lisant ou à lire, il est clair que ces mots expriment la manière dont on passe son
temps ; c'est de la terminaison en -a au passif qu'on doit se servir dans cette phrase admirable à
voir, c.à.d. à être vu.
Il en est de même des adjectifs tirés des infinitifs, celui en -os servira comme dans les noms à
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rendre notre de, et pour dire l'art d'aimer il n'y aura qu'à faire accorder eroteros avec art. L'adjectif
en -as ne peut guère se rendre en français que par propre à... à l'actif, comme : un homme propre à
chanter, à déclamer, etc. mais au passif il rend la plupart de nos adjectifs en -ble, un homme
aimable, est un homme propre à être aimé, ce qui est un adjectif passif, et ainsi des autres.
L'adjectif en -es n'est autre chose qu'un participe, car un homme aimant est proprement un
homme à aimer, qui a de l'aimer, ce qui doit se rendre par erotores, qui ne paraît pas avoir un autre
sens que erotos, dont il diffère cependant en ce que erotores, borné au présent comme erotomes, et
erotoles, au passé et au futur, signifie aimant dans cet instant, et que cet erotos s'étend
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à toutes sortes de temps, la différence est on ne [peut] pas plus sensible entre je suis maçon ou je
bâtis d'ordinaire, et je suis maçonnant ou je bâtis à présent ; c'est la même qui a toujours lieu dans
ma langue entre l'adjectif en -os, et le participe en -ores, entre l'adjectif en -es et le participe en
-eres, etc.
En joignant les syllabes mi, ri, li, dans ces participes, on forme trois temps de chacun, ce qui en
produit neuf en tout pour l'indicatif, et autant pour le conditionnel, qui avec les trois infinitifs et les
trois participes achèvent le système entier de ma conjugaison.
Présents Passés Futurs
erotori, aimer
s. erotores, aimant
p. erotoredin, aimant
infinitifs
erotomi, avoir aimé
participes
erotomes, ayant aimé
erotomedin, ayant aimé
erotoli, devoir aimer
erotoles, devant aimer
erotoledin, devant aimer
s. erotoreris, il aime
p. erotorerins, ils aiment
s. erotoremis, il aimait
p. erotoremins, ils aimaient
s. erotorelis, il aimera
p. erotorelins, ils aimeront
mode positif
temps absolus
erotomeris, il a aimé
erotomerins, ils ont aimé
temps antérieurs
erotomemis, il avait aimé
erotomemins, ils avaient aimé
temps postérieurs
erotomelis, il aura aimé
erotomelins, ils auront aimé
erotoleris, il doit aimer
erotolerins, ils doivent aimer
erotolemis, il devait aimer
erotolemins, ils devaient aimer
erotolelis, il devra aimer
eroto[le]lins, ils devront aimer
Pour le mode conditionnel, j'ai déjà dit qu'il ne fallait que changer s en t dans celui qu'on vient
de voir, ce qui est trop aisé pour que j'en grossisse cette table.
Pour avoir le vrai sens de ces mots il faut les rendre par il est, il était, il sera, suivi du participe
dont ils dérivent, ce qui fait qu'on n'est point en danger de confondre erotoremis, par ex., avec
erotomeris, puisque le premier venant du participe erotores, aimant, ne peut signifier que il était
aimant,
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ou il aimait, et l'autre venant du participe erotomes, ayant aimé, ne peut signifier que il est ayant
aimé, ou il a aimé. C'est de même qu'on distingue le sens des temps erotorelis, il sera aimant, et
erotoleris, il est devant aimer, et de même de tous les autres.
On voit dans la table précédente que tous les temps de la colonne des présents se tirent de la
racine erotori, ceux de la colonne des passés de la racine erotomi, etc. Cette même analogie se
trouve dans toutes les langues, en français, en italien, en espagnol, etc. La première colonne est la
seule qui ait des terminaisons propres, et les deux autres se forment chacune à l'aide d'un verbe
auxilliaire, c'est la même chose en latin pour les passifs et les déponents, et dans l'actif où il n'y a
que la colonne des futurs formée de cette manière, amaturus sum, amaturus es, etc. La distinction
des deux autres colonnes n'en est pas moins marquée par la différence de leurs racines, comme le
savent tous ceux qui ont jeté les yeux sur les conjugaisons latines.
Pour l'impératif j'ai cru pouvoir m'en passer, et y suppléer par l'infinitif regardé comme le
régime du verbe je veux ou j'ordonne sous-entendu, et puisqu'on peut dire je fais ordre à toi,
qu'ainsi toi doit être au cas en a, et que l'infinitif doit s'accorder avec son sujet, comme je le dirai
dans un moment, il faut dire ta erotera, ou seulement erotera, toi aimer ; on peut s'en servir
également aux autres personnes, et pour rendre notre impératif aimons il n'y a qu'à dire man
erotera, nous aimer.
Pour le subjonctif que j'ai également banni
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de ma langue, tant qu'un verbe n'est à ce mode, que parce qu'il sert pour ainsi dire de régime à un
autre doit toujours se tourner par l'infinitif, dans tout autre cas ce ne peut être qu'un conditionnel ou
un optatif, que nous avons déjà bien exprimés dans ma langue.
Observez qu'alors l'infinitif doit toujours s'accorder en cas avec son sujet, dont le cas est
déterminé par le verbe précédent, ce sujet se met aussi au nominatif dans les phrases où l'infinitif
doit être à ce cas.
J'ai déjà dit que le conditionnel servait d'optatif. On reconnaît aisément qu'on l'a employé à ce
dernier usage, quand il n'est précédé d'aucune particule conditionnelle comme si, d'ailleurs comme
ce qu'on souhaite n'est jamais indiqué que comme possible il est tout simple de se servir du
conditionnel.
Il est inutile de dire qu'à l'exemple de toutes les langues dont la syntaxe n'est pas soumise à la
bizarrerie qui nous fait dire si je voulais, par l'imparfait de l'indicatif, on doit dire si je voudrais, par
le présent du conditionnel.
Pour l'interrogation, je ne vois rien de plus convenable que de la marquer à l'exemple des Latins
par la particule -ne placée après le verbe, à laquelle je trouve une certaine expression d'interrogation
qui me plaît beaucoup. On pourra la mettre également après les temps conditionnels, mais
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seulement pour rendre l'interrogation mêlée d'étonnement, que nous exprimons de la même
manière : il serait possible que ce scélérat ?...
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Après avoir expliqué ma conjugaison avec toute l'étendue nécessaire, et rappelé la différence
que j'ai indiquée entre erotoris et erotoreris, sans laquelle on ne pourrait pas distinguer le sens de
ces phrases si différentes : il est charpentier, et il charpente, ou il est charpentant, il est buveur, ou
il boit, etc. il ne me reste plus [qu'à] expliquer le nombre et la formation des voix des verbes, et les
régimes qui doivent les accompagner, ce qui est certainement la partie la plus intéressante mais la
plus compliquée de mon projet de syntaxe.
La manière dont nous avons tiré les verbes d'un des adjectifs du substantif qui leur sert de
racine produit naturellement tois voix, puisqu'il y a trois de ces adjectifs dont on peut également
tirer un verbe. Nous nous procurerons donc par ce moyen un verbe actif, un passif et un moyen,
comme dans la langue grecque, ce qui est d'autant plus utile que le besoin de ces trois voix a
introduit, dans les langues où les règles de la grammaire n'en fournissent que deux, des verbes qui
ne sont autre chose que les voix qui manquent à d'autres verbes déjà admis, et forment par là une
complication très inutile, comme par ex. instruire et enseigner, étant bien clair qu'instruire
quelqu'un ou enseigner à quelqu'un, n'est précisément que la même chose et pourrait être exprimé
par un seul verbe, mais qu'alors outre cette voix active il en fallait une qui se rapportât à la personne
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et l'autre à la chose enseignée, afin qu'on puisse rendre ces deux phrases : ces enfants sont instruits,
ce livre est enseigné.
Il en est de même de prier quelqu'un de quelque chose, et de la demander à quelqu'un, qui ne
signifient que la même chose, sans qu'on puisse néanmoins se passer d'un de ces deux verbes, à
moins de consentir à ne pouvoir rendre une de ces phrases, ce livre est demandé avec instance, ce
seigneur est prié de nous protéger.
Il en est de même d'un grand nombre d'autres verbes que nous avons ainsi doubles, mais il y en
a bien davantage où cette ressource nous manque et où nous sommes obligés de recourir à d'autres
moyens, soit en se servant du mot on, comme dans cette phrase : on m'a envoyé un commissaire, où
si notre langue admettait la voix moyenne du verbe envoyé, on n'aurait qu'à dire : j'ai été envoy......
d'un commissaire, soit en formant à l'aide du verbe auxilliaire avoir, une espèce de voix moyenne,
comme la voix passive est formée de l'auxilliaire être, comme je casse, ou je suis cassant, je suis
cassé, et j'ai le bras cassé, qui se rendrait ainsi : je suis cass...... au bras si nous avions la voix
moyenne.
Voyons maintenant comme on doit former
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ces trois voix dans ma langue, prenons par exemple le mot liebs, liebo, lien ou ligature, liebes
signifiera à lien, à ligature, c'est-à-dire lié, et par conséquent l'infinitif passif lieberi signifiera être
lié, liebes voudra dire pour lien, chose dont le lien ou la ligature est le but, comme est la chose qui
lie, liebari signifiera donc lier dans le sens qu'on dit cette corde lie ce faisceau, ce qui n'est que la
voix moyenne et non pas l'active ; celle-ci viendra de liebos, du lien, auteur du lien, elle se dira à
l'infinitif liebori, et servira dans cette phrase il lie ce faisceau avec une corde.
Il faudra faire une pareille analyse du sens de chaque [sic] pour n'en point confondre les voix,
qui sont souvent assez difficiles à démêler à cause de l'éloignement du tour français, et de celui dont
je veux qu'on se serve dans ma langue, et de ce que nous avons une foule de verbes que nous
regardons comme passifs ou même actifs, quoiqu'ils soient réellement à la voix moyenne. Pour qu'il
n'y ait plus de confusion à ce sujet, j'appellerai voix active celle dont l'infinitif présent est en -ori,
voix moyenne celle où il sera en -ari, et voix passive celle où il sera en -eri.
Quant aux cas qui peuvent accompagner chacune de ces voix, il est aisé de voir qu'il faut
d'abord considérer l'action en elle-même et indépendamment de cette distinction, pour en
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reconnaître l'origine, le but, et la manière d'être, comme je me suis d'abord expliqué, ou si l'on veut
la circonstance de l'action, qui sont toujours les mêmes dans toutes les voix, et qu'on peut distinguer
surtout avec beaucoup de facilité dans la voix active en tournant par faire ...... de ...... à ...... comme
faire ligature d'une corde à un faisceau, car le nominatif de faire est toujours l'origine, le mot qui
vient après de la circonstance ou manière d'être, et celui qui vient après à le but, ce qui est
également tout cela dans toutes les voix ; en sorte que la voix active ayant l'origine de l'action pour
nominatif ne peut être accompagnée que des deux cas en -a et en -e, que la moyenne ayant pour
nominatif la circonstance de l'action comme la corde qui lie, ne peut être accompagnée que des
deux cas en -o et en -a, et que le passif dont le nominatif et le but même de l'action ne peut être
suivi que des deux cas en -o et en -e.
Pour donner un exemple plus propre à éclaircir cette manière que tous les raisonnements du
monde, je prendrai cette phrase : Pierre a volé un louis à Paul. Après l'avoir tournée ainsi : Pierre a
fait vol d'un louis à Paul, je vois que Pierre est l'origine, Paul le but, et le louis la circonstance de
l'action, ensuite le cas en o étant rendu en français par la préposition par, le cas en e par de, et le cas
en a par à, je mets d'abord l'origine au nominatif, et j'ai la voix active qui ne
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peut être suivie que des prépositions de et à, dans cette phrase Pierre a volé ou a fait vol à Paul
d'un louis ; j'y mets ensuite la circonstance et j'ai la voix moyenne qui ne peut être suivie que des
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prépositions par et à, dans cette phrase un louis a été volé par Pierre à Paul ; j'y mets enfin le but et
j'ai la voix passive qui ne peut être suivie que des prépositions par et de, dans cette phrase Paul a
été volé d'un louis par Pierre.
Il s'en faut bien que le génie de la langue française, qui se plaît à dédaigner ces règles générales
et métaphysiques sur lesquelles je veux fonder la mienne, fournisse souvent des phrases aussi
complètement d'accord avec les règles que je viens de donner, et qu'on doit toujours suivre quelque
contraires qu'elles paraissent aux tournures du français ou d'aucune autre langue. Prenons par
exemple le mot eros, amour, dont j'ai déjà fait usage pour ma conjugaison. Erotori, être d'amour,
être plein d'amour, sera l'infinitif actif ; eroteri, je suis à l'amour de quelqu'un, je possède son
amour, sera le passif être aimé ; enfin la voix moyenne erotari, signifiera être pour l'amour, être
propre à l'amour, ou comme nous disons faire aimer, et cette voix devra à l'ordinaire être suivie des
deux cas en o et en a, qui répondent à nos particules par et à, en sorte que pour exprimer qu'un
certain passage me fait aimer un livre, on devra dire : ce passage fait aimer
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à ce livre par moi.
On voit par là qu'outre les différents usages de la voix moyenne dont j'ai déjà tant parlé, elle
peut encore servir à rendre fort souvent notre verbe faire suivi d'un infinitif.
C'est d'autres fois ce verbe faire suivi de l'infinitif qui est le véritable actif, et alors la voix que
nous prenons en français pour active, peut très bien devenir le passif de ce verbe, et le passif
français sa voix moyenne, comme quand on dit faire manger du pain à quelqu'un, où il est clair que
le pain est la circonstance et quelqu'un le but de l'action, en sorte qu'on doit dire à l'actif : je fais
manger du pain à Pierre, ou je nourris Pierre de pain, au passif Pierre est nourri de pain par moi,
au lieu de Pierre mange du pain, et à la voix moyenne le pain est fait manger par moi à Pierre,
qu'on me permette ce barbarisme, à cause de l'impossibilité où je serais de rendre autrement ma
pensée.
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Une des sources de la richesse des langues consiste dans la formation des augmentatifs et des
diminutifs des substantifs, aussi bien que des degrés de comparaison des adjectifs. J'ai cru devoir
ajouter cet avantage à ma langue, en y introduisant d'abord des augmentatifs et des diminutifs, et en
établissant ensuite que les adjectifs qu'on en déduirait serviraient de degrés de comparaison aux
adjectifs correspondants du même mot dans sa signification naturelle.
J'ai choisi -scor pour la terminaison de l'augmentatif et -stel pour celle du diminutif, ces
syllabes devant se placer après l'i final du substantif qu'on veut modifier, et qu'on doit suppléer
quand elle manque, excepté dans le cas où terminé par un s [sic] il suffit d'y ajouter -cor ou -tel pour
lui donner la terminaison convenable.
Par ex. si zefir signifie vent, zefiro, du vent, etc., zefiriscor, zefiriscoro, signifiera un grand vent,
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et zefiristel, zefiristelo, un zéphir ; mais quand le mot est terminé en -s comme eros, amour, on dira
simplement eroscor, un amour brûlant, et erostel, un léger penchant.
Pour les adjectifs il est clair que, de même que erotos signifie amoureux, eroscoros signifie très
ou plus amoureux, et erostelos, un peu ou moins amoureux ; où l'on voit que j'ai donné à mes
adjectifs deux significations, l'une simplement augmentative ou diminutive,
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et l'autre comparative, pensant qu'on les distinguerait toujours assez en voyant l'une suivie d'un
terme de comparaison, et l'autre énoncée simplement comme l'est ordinairement le positif.
J'entends par terme de comparaison le mot placé avant ou après l'adjectif et précédé de la
conjonction que j'ai choisie pour indiquer la comparaison, et qui est d'autant plus difficile à rendre
en français qu'elle doit y servir également après le positif pour marquer la comparaison d'égalité, en
sorte que méchant suivi de cette conjonction signifie aussi méchant que ce qui l'accompagne, que
très méchant dans le même cas signifie plus méchant que le mot qui la suit, et peu méchant, moins
méchant.
Pour notre superlatif le plus méchant, il est aisé à rendre dans ma langue puisque ce n'est que le
comparatif devenu substantif par l'addition de l'article le, en sorte qu'on n'aura qu'à faire le même
changement au comparatif de ma langue par l'addition de us ou y, pour exprimer la même chose. Il
est aisé de s'apercevoir que nos degrés de comparaison très méchant et plus méchant servent
toujours d'attribut, tandis que c'est le contraire du superlatif le plus méchant, comme on le voit dans
ces phrases : c'est le plus méchant des hommes qui m'a accusé, donnez la pomme à la plus belle,
etc. C'est ce qui m'a porté à rendre les uns par
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des adjectifs, et l'autre par un substantif ; et comme notre langue permet de mettre un substantif
après le verbe être, et de dire par conséquent c'est le plus grand des hommes, ce qui est défendu
dans la mienne, on doit tourner par le simple comparatif toutes les phrases où notre superlatif entre
ainsi attributivement, et dire par exemple dans la phrase précédente : il est plus méchant que tous
les hommes, où il n'y a plus qu'un simple adjectif comparatif.
Il est assez inutile d'avertir que le substantif qui sert à rendre notre superlatif doit être suivi de
mon adjectif en -os, quand il l'est d'un de en français ou d'un génitif en latin, mais pour le
comparatif qui est toujours suivi de la conjonction qui rend notre que, et le quam des Latins, on
[sent] bien que comme conjonction elle ne saurait influer sur le cas du mot qui la suit, et qui doit
toujours se mettre au même cas que le sujet du comparatif comme les Latins faisaient après quam,
la phrase devant être arrangée de la même manière que si le comparatif et le verbe étaient répétés et
qu'on dit par exemple : cet homme est plus méchant que cet autre n'est méchant, au lieu de se dire
simplement en les sous-entendant, cet homme est plus méchant que cet autre, car quoiqu'on
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les sous-entende aussi très souvent dans ma langue, il n'en faut pas moins disposer la phrase comme
s'ils y étaient exprimés.
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