Παρασκευή, 6 Αυγούστου 2010

Préface du livre d'Erol Özkoray


N. Lygeros

Erol Özkoray n’est pas seulement un journaliste ou un intellectuel, c’est un véritable combattant de la paix au sens d’Albert Camus. Son livre n’est pas un simple pamphlet mais un acte d’accusation. À l’instar d’Émile Zola, il n’a pas le pouvoir de condamner aussi en tant que juste il accuse. Il montre aussi que l’Union Européenne a joué un rôle catalytique dans l’apparition du « régime caché », du « totalitarisme sournois ». Il démontre par un raisonnement par l’absurde que la Turquie n’est ni un pays républicain et laïc, ni un pays musulman modéré malgré les dires du monde extérieur. Car il n’est pas dupe quant à la politique de dissimulation du gouvernement. Il sait que le vrai pouvoir est détenu par les militaires. Son analyse de l’enquête sur Ergenekon est limpide et précise. Il en est de même quant aux détours artificiels empruntés par l’appareil de justice pour exploiter l’esprit sans la lettre de l’article 301 du Code Pénal qui réprime toute critique de la nation turque et de son armée. Il explicite la nature de ce régime totalitaire sournois, de ce fascisme alla turca, sans manquer de mettre en exergue le problème de l’existence antinomique du Conseil National de Sécurité dans une prétendue démocratie. Non sans sarcasme, il dénonce ce pentagone civil high tech qui n’est rien d’autre, selon ses propres termes, que la Mecque du totalitarisme turc. Il n’hésite pas à énumérer les cibles des sept coups d’état avortés entre 2002 et 2009 : Kurdes, Alévites, Arméniens, islamistes, démocrates, socialistes, libéraux et partisans de l’Union Européenne. Aussi nous comprenons qu’en Turquie, le peuple n’est pas une population mais un nid de suspects pour le régime en place, en d’autres termes l’état profond. Le propriétaire du pays n’est nul autre que l’Armée qui fait et défait les crises internes et externes à son gré pour montrer sa toute puissance face aux civils. Sa stratégie est efficace et la Grèce en est une des victimes grâce aux points litigieux à savoir : Chypre, la délimitation du plateau continental, l’utilisation de l’espace aérien sur la mer Égée, la militarisation des îles grecques, la minorité musulmane en Grèce et le statut œcuménique de l’Église orthodoxe à Istanbul. Et à la base de cette stratégie de la crise artificielle, nous trouvons le dogme fondamental et sans cesse réitéré par tous les gouvernements : face au problème kurde, aucune fragmentation, face au problème chypriote, aucune concession, face au génocide des Arméniens, aucune reconnaissance, face à l’Église orthodoxe, aucune place, enfin, la laïcité ne doit pas être touchée. Conscient de son rôle de juste, Erol Özkoray dénonce non pas uniquement les inepties sur l’encerclement de la Turquie par la Grèce, mais aussi le non-dit contre la politique européenne. Il explicite que ce fascisme de gauche, selon Pierre Milza, qui a rejeté l’histoire ottomane pour suivre le principe d’Hitler qui affirmait que l’état allemand n’avait pas de passé, a réussi à transformer la société via l’éducation et les médias, en une entité fasciste, raciste, xénophobe qui croit à la suprématie de la race turque. Et même, si selon Orwell, il est difficile de prévoir la fin des dictatures modernes, Eroll Özkoray n’hésite pas à écrire que si les choses dégénèrent, la Turquie pourrait être la Yougoslavie du XXIe siècle. Il ne joue pas le rôle du prophète, pas même celui de Cassandre mais il regarde lucidement le futur de son peuple et ne peut s’empêcher de prévenir les hommes libres pendant qu’ils le sont encore, qu’un pays qui n’a pas de passé, est aussi un peuple qui n’a pas d’avenir. Voilà pourquoi la lecture de ce livre est une nécessité pour les combattants de la paix.

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